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Publié le lundi 30 mai 2011
Résumé

Article paru dans le magazine Copropriété & Travaux en mars 2

Article paru dans le magazine Copropriété & Travaux en mars 2011. Dossier réalisé par Gérard Guérit et UniversImmo.com.

Cet article nous présente une analyse du coût de l'énergie en France.

Avec la mise en place du Grenelle 2, le coût de l’énergie se situe plus que jamais au centre des débats. Au-delà des possibilités qu’offrent les techniques, une copropriété doit toujours réfléchir en coût global : quelle énergie, quel système de chauffage et quelle maintenance ?

La hiérarchisation du coût des énergies varie finalement peu. En remontant dix ans en arrière, l’électricité reste stable à un niveau élevé, rejointe par le propane depuis 2008. Vient ensuite le fioul qui, hormis le pic de 2008, augmente de façon relativement linéaire, comme le gaz naturel, qui reste l’énergie la moins chère. Le coût doit ensuite être pondéré en fonction du rendement des appareils utilisés. La banalisation de la condensation gaz et le développement de la condensation fioul, augmentent la compétitivité de ces combustibles, l’usage de pompes à chaleur améliore aussi la rentabilité de l’électricité. Le chauffage au bois peut être lui aussi économique, tout dépend des régions et des filières en place. L’énergie solaire est gratuite, mais les installations qui permettent de la transformer restent difficiles à amortir. Enfin, il est possible depuis le 1er juillet 2007 de changer librement de fournisseur d’électricité et/ou de gaz. En moyenne, les fournisseurs « alternatifs » proposent des tarifs inférieurs de 5 à 15 %. Dans les faits, la quasi-totalité des copropriétaires restent abonnés à leurs fournisseurs « historiques ».

 

Isoler et équilibrer

La meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. Cette évidence doit toujours être rappelée car, avant d’engager des travaux importants sur les équipements de chauffage, il faut s’assurer d’un niveau d’isolation correct. Les com- bles doivent être isolés, les fenêtres et baies vitrées remplacées et les sous-faces de planchers en contact avec l’extérieur traitées. Une fois ces actions entreprises, il reste les murs. S’ils ne sont pas équipés d’origine de doublages, seule une isolation par l’extérieur apporte une performance optimisée, mais elle reste coûteuse. La deuxième source d’économie importante se situe au niveau de l’équilibrage de l’installation de chauffage. Une majorité d’immeubles d’habitation souffre de ce défaut, pourtant simple et peu coûteux à corriger. Une installation mal équilibrée oblige à surchauffer pour obtenir un confort nor- mal dans les appartements les plus éloignés de la chaufferie. Ce déséquilibre peut amener à des surconsommations très importantes, jusqu’à 30 % pour les cas les plus graves. Un bon équilibrage consiste à obtenir le bon débit au bon endroit, et donc à envoyer la quantité de fluide nécessaire pour permettre un confort normal sur l’ensemble de l’installation. La solution passe par la maîtrise des débits, et par l’utilisation de robinets d’équilibrage, de régulateurs de pression différentielle ou de débit.

 

Gaz: le gaz naturel toujours le moins cher

Sur une antériorité de 10 ans, le coût de cette énergie augmente de façon linéaire, et reste pratiquement toujours en deçà des autres combustibles, même si le fioul s’en rapproche parfois. Autre atout, les chaudières gaz actuelles émettent 4 à 5 fois moins de rejets polluants, comparativement à du matériel âgé de vingt ou trente ans. Le choix d’un modèle à condensation, dont le rende- ment dépasse les 100 % (90 à 95 % pour une chaudière classique), permet de faire baisser indirectement le coût du combustible, du fait d’une consommation moindre, et sous réserve que le conduit d’évacuation soit compatible avec cette technique. La condensation est encore plus avantageuse lorsque l’installation fonctionne au propane. Ce combustible apporte le bénéfice du confort du gaz, lorsque la copropriété n’est pas raccordable au gaz naturel. Ce confort se paye, car le coût du pro- pane tangente en permanence celui de l’électricité. La chaudière à condensation, par son rendement plus élevé, limite les consommations et réduit indirectement le coût « utile » du propane. Enfin, du fait d’une concurrence exacerbée, les fournisseurs de gaz propane font des efforts commerciaux parfois impor- tants, qui concernent l’installation proprement dite, mais aussi les tarifs de location des cuves.

 

Le fioul n’a pas dit son dernier mot

Le fioul a mauvaise presse. Il reste pour- tant une énergie économiquement intéressante, dès lors que le raccordement au gaz naturel est impossible. Ces cas de figure restent nombreux en zones semi- rurales. Pour les professionnels du fioul, fabricants de chaudières et distributeurs, les débouchés les plus importants se situent dans les secteurs non raccordés au gaz, mais aussi dans le renouvellement des installations existantes. Avec le développement des chaudières fioul à condensation, les économies potentielles sont très importantes, d’autant que le parc français des chaudières fioul en habitat collectif est ancien, pour des rendements moyens compris entre 60 et 70 %. Les chaudières fioul à condensation atteignent ou approchent des rendements de 100 %. On mesure l’économie possible, sans changer d’énergie. La seule contrainte, par rapport à la condensation gaz, vient de l’acidité des condensas. En fonction de l’installation existante, des surcoûts sont à prévoir au niveau du ou des conduits. Ces surcoûts se retrouvent aussi au niveau de la chau- dière proprement dite, l’acidité des condensas imposant des composants durablement résistants... et sont coûteux.

 

Électricité : des améliorations possibles

De nombreuses copropriétés sont équipées d’un chauffage électrique. Il s’agit, à de rares exceptions près, de chauffage individualisé, les systèmes de chauffage à eau chaude et chaudière électrique étant peu répandus en France. Les installations les plus anciennes font appel à des convecteurs basiques, au confort d’usage très limité. Leur remplacement par des corps de chauffe radiants, à fluide caloporteur ou à accumulation apporte plus de confort, mais aussi des économies de fonctionnement, liées à l’inertie et à des systèmes de régulation plus élaborés. En rénovation, il est aussi possible de s’orienter vers le plancher chauffant électrique qui présente l’avantage d’une épaisseur réduite, comparativement à un système de chauffage à eau chaude par le sol. Cette technologie, simple, confortable et sans entretien, souffre de la réputation de coût élevé du chauffage électrique. Pourtant, des installateurs comme des utilisateurs faisant le choix de ces procédés ne reconnais- sent pas cet inconvénient, vrai ou sup- posé, sous réserve que l’installation soit bien conçue, bien régulée et mise en œuvre dans un bâti correctement isolé. Malgré un succès limité, les fabricants de chaudières électriques font la promotion de ces systèmes pour une multipli- cité d’applications, comme le chauffage solaire combiné, en relève de pompe à chaleur ou de chaudières bois, la nuit en tarif « heures creuses ». Autre argument mis en avant : ces chaudières ne nécessitent évidemment aucun conduit d’évacuation, elles sont totalement silencieuses et l’entretien est nul.

 

Bois : tout dépend de la région et de la filière

Le combustible « bois » est une énergie renouvelable qui peut être très économique à l’usage. Le chauffage au bois en copropriété peut se concevoir uniquement dans le cadre d’une chaufferie automatisée. La chaudière brûle alors du bois déchiqueté ou des pellets (granulés de bois), stockés dans un silo et qui rejoignent la chaudière via une vis sans fin. Ce mode de chauffage impose de disposer pour le silo d’une surface au sol importante, ainsi que d’un accès pour des véhicules de fort tonnage. En effet, le bois déchiqueté et les pellets sont d’autant plus économiques qu’ils peuvent être livrés en quantités importantes. La taille du silo permet idéalement de stocker le combustible pour une saison de chauffe, ou a minima deux livraisons durant l’hiver. L’investissement, relativement onéreux du fait du silo et de l’automatisme d’approvisionnement, peut dans certaines situations être rapidement amorti. Les régions forestières sont favorisées car les filières d’exploitation et de transformation du bois permet- tent de produire de façon relativement économique du bois déchiqueté. En l’absence de ces filières, l’alternative des pellets est à envisager. C’est un combustible calibré, de qualité régulière, au rendement optimisé, mais dont les coûts restent encore trop élevés dans de nombreuses régions. La mise en œuvre de nouvelles unités de production de pellets, la demande en hausse et la concurrence qui s’en suit, doivent aider à faire baisser sensiblement le prix final de ces produits.

 

Énergie solaire: pour l’eau chaude sanitaire

L’implantation de capteurs solaires en terrasse ou dans le plan de la couverture assure de 30 à 60 % des besoins en eau chaude sanitaire, en fonction de la région, de l’ensoleillement et de l’exposition de l’installation. Les techniques sont parfaitement au point, ces équipements amènent peu de mauvaises sur- prises lorsqu’ils sont mis en œuvre dans les règles de l’art. La difficulté est avant tout économique. Hors subventions et crédits d’impôt, il est pratiquement impossible d’amortir un tel système en moins de quinze ans. Ce délai explique la difficulté à faire voter les projets de capteurs solaires en assemblée générale. La lourdeur de l’investissement et la longueur du temps de retour découragent une majorité de copropriétaires. Ils ont du mal à se projeter sur une période aussi longue, et d’autres dépenses paraissent toujours plus urgentes. Pourtant, dans les cas les plus favorables, qui ajoutent aux crédits d’impôt (en baisse), des aides régionales et locales, il est possible d’aboutir à des montages financiers plus réalistes, autorisant des temps de retour inférieurs à dix ans.

 

Les pompes à chaleur rendent l’électricité rentable

Des pompes à chaleur (PAC) air/eau ou eau/eau peuvent être installées en tan- dem de chaudières fioul ou gaz existantes. Leur rendement, variable en fonction du système et de la saison, démultiplie les kW dépensés pour leur fonctionnement. 1 kW utilisé pour faire tourner la pompe, permet d’en produire entre 3 et 5. La pompe à chaleur devient alors la source principale de chauffage, la chaudière existante étant conservée et paramétrée pour fonctionner pendant les périodes les plus froides. Les installateurs s’accordent sur l’importance de conserver la chaudière en place, même si elle fonctionne peu d’heures dans l’année.C’est d’une part une sécurité en cas de panne de la pompe à chaleur, c’est aussi l’assurance pour les copropriétaires de rester correctement chauffés par les plus grands froids. Des projets bien étudiés peuvent amener à des économies de fonctionnement conséquentes, par exemple des factures de fioul ou de gaz divisées par deux ou trois, dans le cas de bâtiment énergivores et/ou difficiles à isoler parfaitement. Beaucoup moins répandue, la pompe à chaleur à absorption gaz est une solution d’avenir, pour le chauffage comme pour la production d’eau chaude sanitaire. Deux technologies sont possibles. La PAC aérothermique récupère l’énergie présente dans l’air extérieur, la PAC géothermique fonctionne grâce à l’énergie contenue dans le sol. Le principe de l’absorption autorise des rendements très élevés, jusqu’à 165 %, et peut produire de l’eau chaude jusqu’à 70 °C. Cette technologie est encore peu répandue, elle est mal connue des installateurs et reste actuellement relativement coûteuse. 

 

Chauffage urbain et réseaux de chaleur: une deuxième jeunesse

Dans les zones d’habitat dense, il y a une logique certaine à se tourner vers le chauffage urbain et les réseaux de cha- leur, d’autant que les gestionnaires modernisent leurs installations, investis- sent et font des efforts pour raccorder de nouveaux clients. Le principe est relativement simple. Un réseau de chaleur est alimenté sous forme de vapeur ou d’eau chaude par plusieurs unités de production. Le fluide est acheminé par des canalisations, le réseau de distribution qui dessert les immeubles équipés de sous-stations. L’eau chaude cède alors une partie de ses calories aux installations de l’immeuble. Comme pour une installation de chauffage, le réseau de chaleur fonctionne en circuit fermé. Il comprend toujours au moins deux canalisations, l’une pour conduire lefluide vers les utilisateurs, l’autre pour le retour du fluide vers les centrales de production. Ces centrales de production ont beaucoup évolué. Fonctionnant à l’origine au charbon, au fioul ou au gaz, elles intègrent de plus en plus souvent des énergies renouvelables : chaufferies au bois, solaire, bio masse... Pour le gestionnaire, c’est l’assurance de pouvoir jongler avec le cours des énergies, en privilégiant les énergies les moins chères à un moment donné.Pour le consommateur, c’est l’assurance d’un coût d’énergie optimisé, avec l’avantage d’une maintenance réduite, car la copropriété n’a plus besoin d’investir dans l’achat et la maintenance d’une chaufferie.

 

 

Gérard Guérit et UniversImmo.com.